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Suicidé condamné

Le suicide fut longtemps considéré comme un meurtre contre soi-même et, à ce titre, puni... de mort.

La tentative de suicide est donc une tentative de meurtre. En supprimant de la terre la créature de Dieu le suicidaire va contre le projet de Dieu : la vie qu'il donne à l'origine et éternellement.
La condamnation consiste le plus souvent à exposer le corps à l'infamie, sur une claie (sorte de grande grille) tirée par un cheval par les rues, les biens du suicidé sont confisqués (peine souvent allégée lorsqu'il avait charge de famille) et son nom supprimé à jamais. Ainsi, lors de la rédaction d'actes concernant ses enfants (leur mariage par exemple), ils sont indiqués "enfant d'inconnu" bien qu'ils conservent son nom.

Voici un extrait des comptes du registre du domaine de Lille appartenant au comte de Flandre pour l'année 1437-1438 donnant l'exemple d'un Cominois ayant voulu se suicider.

 

Autre despence [dépense] :

A maître Simon LENOIR bourreau de Valenciennes auquel a été payé pour avoir acheté corde et gants pour faire l'exécution d'un nommé Willequin [Guillaume] SERRUS natif de Comines qui fut exécuté au mois d'octobre 1436 au jugement de la justice de Lille par ordonnance des échevins de Lille, pour être venu de Valenciennes à Lille, avoir exécuté et mis à mort le dit Willequin, lequel s'avoit commenché à copper sa gorge par despoir [désespoir - suicide] pour cause de certains larcins qu'on lui imposait [dont on l'accusait]. Payé 12 livres 14 sols

A.D.59 - B 4571 f°50

Suicide